• Eliya

VISION - Le désir

Deuxième article de ma nouvelle rubrique VISION qui développe le sujet du désir cette fois-ci.

Il est recommandé de lire le 1er article VISION pour comprendre clairement le sens de cette rubrique axée sur mon approche philosophique.


Comme la dernière fois je vais m'appuyer sur un texte que j'ai écrit et publié sur instagram.

Ce n'est pas le plus esthétique de mes poèmes car mes mots étaient surtout pensés pour transmettre un message concernant le "Désir", que je vais donc développer ici.

Texte: Désir

Si vous pensez que le désir vient du corps, de son aspect physique et visible,

Vous vous trompez.

Je parle du désir dans son sens le plus élémentaire, essentiel.

Je parle de sa naissance.

Le désir futile est sans vérité.

Futile ne veut pas dire court et léger.

Il veut dire sans sens.

Le désir est sensé, et intense.

Il enrichit.

La futilité appauvrit.

Avant-propos

Les définitions conventionnelles modernes séparent la notion de désir en deux catégories: le désir matériel et le désir sexuel. La philosophie aborde aussi la notion de désirs naturels, assimilables aux besoins naturels humains (manger, dormir...). Pour ma part j'aborde les choses tantôt dans leur ensemble, tantôt de façon plus orientée. Comme vous avez pu lire, je distingue dans mon texte les désirs élémentaires/essentiels des désirs futiles.

Je trouve ce sujet passionnant tant dans le rôle que joue le désir dans nos sociétés, dans notre monde, que dans notre "intérieur", influant sur nos vies personnelles et nos cheminements. Dans l'un et le tout donc. Je trouve qu'il révèle une problématique centrale dans le monde actuel.

Dans tous les cas, je le répète, je développe un sujet de façon totalement subjective, il n'engage que moi et ne donne aucune vérité, simplement ma vision philosophique.

Développement

Je vais donc m'appuyer sur la même méthode que la fois précédente, en découpant mon texte (en caractère gras) pour y développer ma vision étape par étape.

Ce développement est plus dense que le précédent et sera peut-être moins facile à comprendre et assimiler et c'est pour cette raison que je l'ai structuré en parties. Lisez en plusieurs étapes si nécessaire et relisez. Vous pouvez par exemple prendre quelques notes au fur et à mesure, écrire les notions clés en fonction de votre ressenti, cela peut vous aider à avancer plus facilement et à garder le fil.


Commençons.


Si vous pensez que le désir vient du corps, de son aspect physique et visible,

Vous vous trompez.


I. Introduction


Je commence ce texte en évoquant l'origine du désir, sa source.

D'où vient-il? d'où naît-il? Ma formulation au conditionnel est relativement directe et sans ménagement ce qui n'est pas rare mais pas courant non plus dans mon écriture. C'est une façon d'interpeller très vite et fort mon lecteur.

Cette formulation vise donc la surprise par l'affirmation claire et nette du contraire de ce que beaucoup peuvent penser: l'idée que le désir est suscité par le corps, le physique d'une personne. Je cherche à intriguer, et contrarier un peu. Cette affirmation vise à déclencher une interrogation qui créée une porte ouverte vers la réflexion et/ou dans l'idéal une réflexion, consciente ou inconsciente, brève ou poussée, immédiate ou différée. Peu importe la porte s'est ouverte. La surprise peut être d'autant plus marquée parce que je publie des photos de moi, nue, sensuelle, parfois érotique, en affichant ma volonté d'éveiller les sens. Il peut donc se créer un contraste et c'est précisément un outil que j'utilise depuis très longtemps pour exprimer ma vérité dans ma vie, pour vivre ma vérité je dirai même, ce qui la rend perceptible aux yeux des autres.

Il convient de préciser que ma volonté d'éveiller les sens répond à un désir profond de réveiller les consciences et non pas de réveiller le désir sexuel (ce qui ne veut pas dire que je porte un jugement sur cette intention). Si cela se produit ce n'est pas grave. Il est primordial d'accepter la perception des autres même si parfois elle est erronée, tant qu'elle ne blesse pas. Pour qui chemine vers l'épanouissement, le bonheur, la compréhension de sa propre vérité amènera inévitablement à incorporer celles des autres. Dans la mesure où j'affiche mes intentions, le sens de ma démarche artistique, la fausse perception (de croire que mon intention est de susciter le désir sexuel) ne dessert que celui qui en est l'auteur. Et ceci dit le désir que certains peuvent ressentir à mon encontre n'est ni voulue, ni rejeté de ma part. Il est, il existe, émanant d'un désir réel ou futile, et cela concerne la vérité de la personne et non la mienne. On n'impose pas sa vérité à autrui, mais si on le souhaite on peut éventuellement la partager avec respect sans attendre de retour, et s'il y en a un, l'accepter tel quel et le respecter.


Petite parenthèse: Fausse perception/idée

Je reviens sur ce contraste, le fait de m'exposer nue ou sensuelle, peut laisser penser que je cherche à être désirée ce qui est totalement faux comme je viens de le dire. Je n'en ai ni l'intention, ni le besoin mais je l'accepte. La cause de cette fausse idée vient entre autre de l'égocentrisme prôné et légitimé par les valeurs patriarcales des sociétés depuis des décennies. Tout cela à provoqué un ancrage très profond de fausses réalités (portées autant par les hommes que par les femmes) comme par exemple la perception générale de la nudité et de la sensualité qui est systématiquement associée à la sexualité. Le patriarcat à insuffler l'idée que les femmes font tout ce qu'elles font, par "nature" et/ou par obligation/désir/envie par rapport aux hommes, considérés comme dominants et supérieurs dans ce système où tout a été pensé et construit par eux et pour eux. D'où cette forte présence d'égocentrisme masculin conscient ou inconscient dans l'esprit collectif (hommes et femmes confondus). Par exemple l'idée qu'une femme s'habille de façon sexy par désir de séduire les hommes, ou qu'elle danse de façon sensuelle pour séduire les hommes autour. Et pour les femmes cela peut être d'accepter un rapport sexuel avec son mari par "devoir conjugal" ou de se refuser de porter une robe courte ou un décolleté pour éviter jugements (des autres), conflits (avec le mari) et harcèlement de rue. Certains hommes pensent que les femmes agissent par rapport à eux, comme si tout tournait autour d'eux et certaines femmes agissent en fonction d'eux en s'oubliant elles-même. Et dans les deux cas cela peut être inconscient ou pas.

Ce sujet est très compliqué car c'est un grand ensemble d'éléments qu'il faut apprécier, sachant que les faits sociaux provoquent toujours d'autres faits sociaux et c'est ainsi que la complexité n'a plus de limite. Ceci dit la déchiffrer n'est pas impossible heureusement. Je précise à nouveau que tous les hommes et femmes ne sont pas concernés bien sûr, et plus ou moins.

Je ferme la parenthèse.


Je parle du désir profond,

Dans son sens le plus élémentaire, essentiel.

Je parle de sa naissance.

Ici après mon affirmation de départ, je précise la nature du désir dont je parle. Le choix de mes mots et leurs définitions sont primordiales. Et ce qui est important c'est que je sors de la catégorie du désir sexuel que la plupart ont perçu à travers ma connotation sur le corps, le physique, tout en l'incluant dans cette catégorie du désir profond, élémentaire. Ce qui sous-entend qu'il s'agit de ma définition maîtresse du désir non-catégorisé.

La 2ème phrase évoquant la "naissance" est davantage présente dans un but de répétition pour insister et mettre en évidence la nature du désir évoqué dans l'affirmation de départ ("Si vous pensez que le désir vient du corps..."), et elle appuie à la fois la dimension originelle du désir.


Petite parenthèse: Définitions des mots.

Il faut toujours définir les mots, les redéfinir, les traduire, pour se faire comprendre quelque soit les définitions conventionnelles. Je ne dis pas qu'elles ne sont pas importantes, au contraire elles nous aident à nous exprimer et à comprendre donc à communiquer, elles sont extrêmement importantes. Ce que je veux dire c'est que la vérité est plus importante encore quelques soient les mots, ce qui met chacun sur un pied d'égalité car nous n'avons pas tous les mêmes connaissances littéraires, étymologiques, la même richesse de vocabulaire etc. Personnellement dans ma vie je suis encline à assimiler les définitions de chacun pour les comprendre au mieux même si elles ne correspondent ni aux miennes ni à celles du conventionnel parce que ce qui compte c'est de comprendre et recevoir la pensée de l'autre. Ceci peut déclencher par ailleurs des accords ou désaccords, ce qui est intéressant et rend l'échange enrichissant.

Je ferme la parenthèse.


II - Qu'est-ce que le désir


~ Définition - Représentation philosophique

A travers les mots "profond, élémentaire et essentiel" je rempli la notion de désir de sens profond, je lui donne une dimension originelle et véritable, ce qui signifie qu'il est un besoin naturel et fondamental de l'être humain, je lui donne une valeur de vérité existentielle. Ces informations sont capitales dans ma vision du désir, ici je vous livre un des piliers fondamentaux de ma philosophie de vie. Je vous livre ma définition du désir qui a, selon moi, une valeur de vérité absolue dans l'existence des humains (et des êtres vivants). Je l'appellerai "Désir profond" à partir de maintenant par souci de clarté dans mon développement. Gardez bien à l'esprit que le désir profond comprend tous les désirs (matériel, psychique et sexuel), sa nature et ses caractéristiques restent les mêmes quel qu'il soit. Je l'illustrerai à travers différents cas de figure.


~ Nature et caractéristiques

Pour être explicite, je reprendrai plus bas la catégorie du désir sexuel pour amorcer le sujet majeur lié à la provenance du désir profond et vous apportez des explications quant au 1er paragraphe de mon poème citant le "corps, le physique et le visible".

Selon moi le désir profond (y compris sexuel donc) ne naît pas de la partie visible du corps, que nous percevons donc uniquement avec nos yeux. Car ce qui est vu par l'oeil est instantanément analyser par le cerveau qui traite l'information reçue et l'interprète en fonction de ce qu'il sait et/ou croit savoir. Et c'est là qu'intervient l'ego, ce fameux "faux soi" qui croit savoir, et qui n'est autre que votre mental qui va diriger votre vie, y compris vous dicter ses désirs, si vous ne le maintenais pas à sa juste place.

Cette information est capitale dans la compréhension de ma vision du désir et le déroulé de mon développement. Pour vous apporter un maximum de clarté je vais tout d'abord vous expliquer ce qu'est l'ego.


1. Ego et personnalité


Je suis une adepte des recherches et des réflexions sur ce sujet, je ferai un article complet car il y a beaucoup à dire, ce n'est pas un sujet aisé à développer. Pour essayer de faire simple:

l'ego est de nature mentale, il est une image, une perception de nous-même, construite sur la base de l'enfance et de toutes nos expériences de vie, elles-même influencées par la société, l'environnement familial, professionnel etc. Il pourrait être décrit comme une personnalité parallèle, et fausse, construite par le mental. Une vraie personnalité ne se construit pas, elle existe déjà et attend de se révéler et de se développer. Ce qui veut dire que l'ego ne nous définit pas du tout. D'autant plus qu'il se base en permanence sur notre passé, sur nos propres jugements du passé et le jugement des autres que l'on a subit par le passé, sur nos interprétations des événements et émotions passés et les interprétations des autres que l'on a observé des événements passées. Ce qui nous définit c'est notre personnalité profonde et véritable qui est évolutive. Selon les personnes, l'ego est plus ou moins présent et envahissant jusqu'à l'asservissement, souvent inconscient. Puisque la conscience est celle qui permet de maîtriser l'ego et faire en sorte qu'il n'outrepasse pas ses fonctions. Il n'est pas inutile sinon il n'existerait pas mais il peut devenir littéralement dévastateur. L'ego n'est pas mauvais ou bon de nature, il est un système dans notre système organique, et il fait ce qu'il doit faire: analyser, classer et reclasser. Il a ses limites, comme une calculatrice qui vous donne un résultat mais qui n'a pas la capacité d'interpréter ce résultat. L'ego n'est pas compétent pour dicter votre vie, donc vos désirs, et actions, décisions, comportements, etc. Il possède des fonctions mentales programmées mais ne détient pas pour autant d'intelligence comme la calculatrice possède des fonctions de calcul programmées mais ne possède pas d'intelligence. La calculatrice n'est pas consciente d'elle-même, ni de ce que signifie le résultat du calcul. L'ego n'est pas conscient de lui-même, ni des effets potentiellement dévastateurs de ses perceptions en nous et dans nos vies. Donc lorsque nous ne savons pas l'identifier, en prendre conscience et l'éduquer, nous le laissons nous diriger au lieu d'être maître de nous-même. De plus, la véritable personnalité et l'ego co-existent ensemble, de façon plus ou moins équilibrée, ce qui crée, plus ou moins, des contradictions et incohérences dans le comportements et les pensées. Plus il y a d'incohérences dans le comportement et/ou les pensées des gens plus cela veut dire que leur ego prend une place disproportionnée et que leur véritable personnalité est biaisée.

J'expose mon point de vue philosophique personnel à la fin de mon développement sur ce que j'appelle la fonction spirituelle de l'ego.

Ce qui est important pour suivre mon développement sur le "Désir" c'est que lorsqu'on s'identifie à son ego, on se trompe sur soi même, sur sa véritable personnalité, sur ses véritables désirs, sur qui l'on est véritablement, nous n'avons donc pas conscience de qui nous sommes réellement parce que nous n'ouvrons pas la porte à notre véritable personnalité. Lorsque nous n'avons pas conscience de quelque chose nous lui empêchons de surcroît d'exister puisque nous ignorons qu'elle existe (logique). Je suis certaine que chacun peut trouver un exemple dans sa propre vie d'une prise de conscience, d'un déclic qui a dévoilé soudainement une évidence invisible jusqu'alors mais qui était pourtant sous ses yeux. Sur le plan psychologique il peut être très complexe, déroutant, voir bouleversant de prendre conscience de son ego. C'est un point crucial de la vie humaine dans nos sociétés actuelles selon moi.


Les désirs proviennent de notre véritable personnalité, celle qui nous définit, qui est innée car elle appartient à notre âme immuable.

L'ego, le "faux soi" est le créateur d'une personnalité parallèle et donc de faux désirs.

D'où la nécessité pour mon développement de catégoriser le désir en "désirs profond" correspondant aux désirs réels de la véritable personnalité et "désirs futiles", illusoires émanant de l'ego.

Et enfin, la problématique qui se pose est: comment prendre conscience, identifier et répondre à ses véritables désirs, ses désirs profonds, lorsque nous n'accédons pas ou en partie à notre véritable personnalité?


2. Canaux de perception


Pour moi le désir profond se perçoit à travers les sens internes et externes, en dehors de toute interprétation de l'ego. Ce qui signifie percevoir en combinant nos sens internes (en dehors des cinq sens, telle que l'intuition) qui sont liés au monde psychique et nos cinq sens externes (la vue, l'ouïe, l'odorat, le goût, et le toucher) qui sont liés au monde physique, et tout cela à travers la véritable personnalité.

C'est ce que j'appelle voir la vérité.

Ces canaux de perception du désir profond concernent tous les désirs profonds y compris les désirs sexuels, toujours sous la condition qu'ils soient engendrés par la véritable personnalité.

Illustration via le désir sexuel:

Je reviens sur mon affirmation de départ évoquée à travers la catégorie du désir sexuel: "si vous pensez que le désir vient du corps, de son aspect physique et visible, vous vous trompez ...".

Je développe.

Avant d'avoir envie de faire l'amour avec une personne, on parle souvent de feelings, d'affinités qui se créent très rapidement, d'atomes crochus, d'attirance, d'accrocher avec quelqu'un, etc. Cela relève de l'intuition, ou d'une forme de clairvoyance (=sens internes) à percevoir la personnalité de la personne sujet de désir et cela peut être conscient ou inconscient. L'accroche se fait aussi sur l'aspect physique donc allant de l'appréciation esthétique du physique d'une personne jusqu'à l'appréciation de son attitude, son comportement, son élocution, le son de sa voix, son odeur, mais aussi l'aspect cérébral que j'intègre dans la perception sensorielle (valeurs, pensées, idées, opinions etc). Ce processus d'émergence du désir envers une personne peut avoir lieu très rapidement après la rencontre ou peut se manifester longtemps après. Parallèlement à ça, il n'y a aucune règle, donc le désir peut être à double sens ou pas, assouvi ou pas, se réaliser une seule fois ou plusieurs fois, engendrer une relation longue ou courte. Dans tous les cas ce qui rend ce désir véritable, c'est qu'il provient de notre personnalité profonde, de notre âme, que nous identifions grâce à un mécanisme de perception holistique.

Pour ce qui est du désir sexuel uniquement basé sur une perception restreinte, en l'occurrence le seul sens de la vue. On pourrait le qualifier de désir matérialiste occultant la dimension vivante ce qui met en exergue un opposition, et au-delà une approche non éthique portant atteinte à la valeur de la vie en la réduisant. Un désir basé uniquement sur le physique d'une personne (la partie visible) ne traduit pas un désir profond de la véritable personnalité mais relève de fausses croyances issues du mental. La photographie est un bon exemple car il est plus difficile de percevoir l'aspect invisible d'une personne (son énergie, son âme), d'autant plus s'il n'y a aucun texte ou message. Cela peut être perçu comme une vitrine présentant un produit: le corps. Lorsque le corps est perçu comme un produit (=approche matérialiste), le désir qu'il suscite répond à une "mécanique mentale égotique", il est "mécanique", par opposition à "organique" (= être vivant, humain), sans sens véritable, il n'apporte rien et appauvrit même. Comme une sorte de robot programmé à désirer à la vue de certains éléments bien définis qu'il peut identifier dans le monde physique. Ce robot ne sait pas réellement ce que signifie le désir et ce qu'il apporte, comme la calculatrice ne sait pas ce que signifie son résultat. Par exemple l'attirance mécanique/systématique de beaucoup d'hommes de notre ère pour des "lieux corporels prédéfinis" et sexualiser, les seins et les fesses en particulier, perçus comme des "pièces détachées" du corps/produit d'une femme.. Les hommes aux désirs futiles et comportements mécaniques sont confortés par leurs réactions physiques (excitation, érection) qu'ils interprètent comme preuves tangibles de leurs véritables désirs, ce qui n'est qu'illusion bien sur. La pornographie n'y est pas pour rien, ni la société patriarcale évidemment. Par ailleurs ils peuvent ressentir un plaisir physique si l'acte sexuel est assouvi, mais un plaisir restreint ou illusoire (sans dimension psychique), biaisé, peu profond, et pauvre car sans vérité. Certains verront une pleine satisfaction à ce type de sexualité sans savoir qu'elle est illusoire ainsi que le plaisir qui en découle, soit par absence totale de conscience ou par dénégation. Comme je l'ai évoqué dans mon précédent article le respect, qui selon moi est une forme d'amour, est une valeur fondamentale dans la sexualité quelle qu'elle soit. Objectiver le corps, avoir une approche matérialiste va à l'encontre du respect, de l'amour et de la vie. Et pourtant c'est tout ce que prône la pornographie actuelle dominante, je reviendrai sur ce sujet plus en détail.

Ceci étant dans une relation véritable et consciente entre personnes, quelles que soit la durée de cette relation ("amour d'une nuit ou d'une vie"), les pratiques sexuelles quelles qu'elles soient, sont elles aussi véritables et légitimes, et ce quand bien même elles puissent paraître peu conventionnelles ou en dehors de votre vision des choses car chacun sa vérité.

Le désir sexuel est un désir d'amour physique et psychique. Et cela n'implique pas nécessairement un sentiment amoureux, mais de respect (valeur d'amour/ voir article 1 VISION "Honorer son corps") ni de règles de durée de relation ou de pratiques sexuelles.


Percevoir en dehors de toute interprétation de l'ego implique d'avoir conscience de son ego, de l'avoir dompté et ensuite de savoir vivre en harmonie avec lui. Tout cela ayant pour conséquence l'acquisition et l'apprentissage de la connaissance de soi, du développement de sa véritable personnalité, d'une connexion à son être profond. A partir de là nous sommes nous-même, vivant dans le présent et sommes en mesure d'identifier nos désirs profonds et donc d'y répondre (dans la mesure du possible). Ceci dit l'intuition est d'une puissance telle que lorsque l'ego n'est pas dompté et que la personne manque d'équilibre intérieur, elle peut quand même percevoir une réponse à un de ses désirs profonds de façon inconsciente grâce à l'intuition. Le mental/l'ego peut refuser de suivre l'intuition d'ailleurs, la rejeter, voir l'occulter (lorsqu'on se dit "mince j'aurai dû écouter ma 1ère intuition"). Et le corps peut exprimer ce désir profond (moiteur, euphorie, "chaud" au coeur) mais attention cela ne veut pas dire que ces expressions physiques traduisent systématiquement un désir profond.

Nos sens internes concernent ce qui est perçu en dehors de nos cinq sens. Ils sont capables de voir la partie invisible du corps (l'aura/l'énergie/l'âme). Peu de crédibilité et de légitimité leurs sont accordés, car l'intangible est difficile à admettre dans un monde matérialiste, mais selon moi, elles sont véritables et totalement légitimes car elles proviennent directement de l'âme sans passer par les 5 sens, s'émancipant ainsi de l'ego. Parce que vérité et ego sont deux opposés. L'ego qui analyse avec des données passées tangibles, ne reconnait pas les schémas imperceptibles et non tangibles des sens internes. Eux, contrairement à lui, sont dans l'immédiateté incluant le paramètre "inconnu" d'une nouvelle situation/émotion, inhérent à la vie. Ils interviennent toujours dans l'instant présent pour transmettre une information véritable et unique, telle une source de connaissance naturelle et infinie propre à chacun. L'intuition par exemple, ne tient pas compte du passé, elle est une source de savoir immédiate différente à chaque instant. Concrètement j'entends par sens internes des choses très simples que tout le monde connait, à commencer par notre puissante intuition, le pressentiment, tous les ressentis (feelings. Attention je ne parle pas d'émotions), notre capacité à ressentir l'énergie d'un être, son champ magnétique, sa luminosité, sa cohérence/incohérence intérieure, son équilibre/déséquilibre interne et tout cela s'étend au delà des relations humaines. Ils sont applicables à toutes choses de la vie: les lieux, les atmosphères, les situations, les passions, les intentions, etc. A juste mesure bien sûr, je ne dis pas qu'en un battement de paupière on peut voir tout cela de façon claire et entière évidemment.

Les cinq sens externes sont comme une extension de ces sens internes. Occulter les unes ou les autres est fortement limitatif.


3. Valeur de vérité


Aucun des désirs profonds ne représente une vérité universelle, on ne peut pas les classer, les noter, les comparer entre eux parce qu'ils possèdent tous la même valeur de vérité. Par exemple, un sportif passionné peut éprouver autant de désir pour le saut en parachute qu'un passionné de plantes pour le jardinage. Aucun de ces deux désirs n'est meilleur que l'autre, ils sont égaux en valeur de vérité. Ceci est valable concernant les personnes et leurs passions, un jardinier n'a pas moins de valeur qu'une infirmière ou un enseignant qu'un peintre etc. Et là, le jugement est un sujet directement sous-jaçent qui serait judicieux d'évoquer mais ce sera dans l'article sur l'ego. Je vais aller un peu plus loin pour bien expliquer la notion de valeur de vérité, on peut prendre l'exemple d'un chirurgien et d'un agriculteur qui tous deux sont passionnés par leur métier. Aucun n'est supérieur en valeur de vérité mais en valeur d'argent cela pose une grande problématique sociétale d'inégalité traduite notamment dans les salaires par exemple. Dans cette approche philosophique qui est la mienne, la valeur est dans la vérité, comment la convertir en argent de façon juste? La réponse la plus cohérente avec cette vision et cette approche ce serait que chacun convertisse sa vérité en valeur argent, ce qui dans la pratique est inconcevable. C'est encore un autre sujet, mais tout cela est dit dans le but de démontrer qu'il n'y a pas de vérités universelles dans les désirs profonds, ils sont propres à chacun, et que leur matérialisation ne doit pas pousser aux jugements de valeur. Le principe de conversion de la valeur spirituelle en argent pousse à comparer sans cesse, et à tort à survaloriser ou dévaloriser quelque chose (acte d'une personne) ou quelqu'un, qui en réalité et de façon incontestable et primordiale, a la même valeur. Par exemple, la comparaison entre une boulangère et une ministre qui feraient toutes deux un métier découlant de leurs désirs profonds. Aucune n'est supérieure, toutes deux ont la même valeur de vérité. La valeur de vérité est comme la valeur de la vie, aucun vie n'est plus importante qu'une autre, toute vie est précieuse et a fondamentalement la même valeur. Je développerai davantage ce sujet sur la vérité dans un autre article. Nos désirs profonds, ont tous la même valeur ils sont nos vérités et ils matérialisent nos véritables personnalités. Aucune d'entre elles n'est supérieure. A noter que ce qui peut porter à confusion, c'est que pour un même désir, appartenant à deux personnes différentes qui ne se connaissent pas nécessairement, l'un peut répondre à un désir profond et l'autre à un désir futile. L'un est faux, l'autre est vrai, l'un est valeur de vérité l'autre non. Et pourtant ils se matérialisent de la même façon, ils sont identiques en apparence, dans la matière ou l'idée. Par exemple, Une personne désire acheter un modèle de Maserati par vanité, pour s'afficher et montrer sa "richesse", et une autre personne a le même désir d'acheter la même Maserati mais parce qu'elle voue une passion profonde et véritable pour l'automobile (son histoire et/ou sa mécanique et/ou son esthétique etc). Il est intéressent d'ajouter qu'en tant que "spectateur", nos perceptions peuvent nous induire en erreur et nous pourrions avoir le jugement facile sur l'un ou l'autre ou les deux personnes. Alors que c'est l'intention du sujet qui doit être fondatrice dans cette perception pour qu'elle soit vraie et pas le jugement basé sur l'ego. Dans une démarche de vérité, l'ego n'étant pas une valeur intégrée, quand on ne connait pas les intentions véritables d'autrui on se contente de ne pas construire de perception, on accepte l'inconnu. Un jour j'ai écrit: "Quand nous n'avons pas accès à la vérité, c'est la beauté du mystère qui doit la remplacer, rien d'autre".


4. Passions


Le cheminement vers la vérité, sans dominance d'ego et de façon durable, permet une meilleure connaissance de soi ainsi que le développement et l'enrichissement de la personnalité allant vers l'accomplissement de soi, autrement dit le bonheur. A force de s'occuper en profondeur de ses véritables désirs, la ou les passions qui animent l'âme, naissent, ou du moins se manifestent. Il s'agit finalement d'une rencontre avec soi même dans l'intimité la plus riche et profonde qui soit. Les passions sont évolutives, elles peuvent naître à différents moment de la vie, et laisser place à d'autres ou pas. Dans tous les cas lorsque la passion est atteinte, et vécue entièrement, elle permet une élévation/évolution de la personne grâce au sentiment de complétude et d'amour. Ce stade d'évolution permet d'être soi même totalement et de vivre ancré dans le présent. Certains pensent ne pas avoir de passions, et ont le sentiment d'un manque, et peuvent aussi envier les personnes qui ont des passions. Les passions animent toutes les âmes, il faut leurs ouvrir la porte et leur permettre d'exister et cela passe par un cheminement plus ou moins long. Je pense par ailleurs que chaque passion est unique pour chaque âme et que chacune d'elles correspondent au(x) talent(s) innés de l'être.


Dernière parenthèse: un de mes désirs profonds personnels..

Le grand défi pour moi c'est de vous permettre de percevoir tout cela à travers mes photos, mes vidéos et mes textes. Quand je vous parle de mon désir profond de réveiller les consciences, je le fais par ce biais, en montrant qu'il y a plus que mon corps nu sur mes photos. Un réveil ou un éveil de conscience passe forcément par un éveil des sens internes, je veux donner de la valeur à l'invisible dans un monde matérialiste où l'ego règne en maître. Je veux offrir ma vérité entière, et je veux que cela donne envie aux autres d'aimer la vérité, de la chercher, de la vivre, et de l'incarner. Je ne cherche pas à plaire, être désirée ou aimée (même si cela s'apprécie), je cherche, par l'exemple, à faire aimer la vérité pour que chacun ait envie d'incarner la sienne. Je suis une âme, c'est elle qui me définit, qui a une personnalité, et elle est dans mon corps, donc mon corps appartient à mon âme. Ce n'est pas le corps qui possède l'âme, c'est l'inverse. Et cette âme, c'est-à-dire moi, utilise son corps pour répondre à son désir profond de valoriser la vérité au nom de la valeur fondamentale de la vie. Je reprends une phrase d'il y a quelques lignes: j'écrivais, pour me faire comprendre:"en montrant qu'il y a plus que mon corps nu sur mes photos", en réalité la phrase correcte est "en montrant mon âme à travers mon corps et son amour de la vérité".


~ Conclusion

Le paragraphe du poème me permet d'établir un lien subtile entre l'origine du désir, son "lieu de naissance" (donc selon ma vison: vient-il de l'ego ou de la personnalité véritable?) et sa nature profonde ou futile.. que j'évoque ci-après.

Ma vision philosophique du désir repose sur sa dimension élémentaire, originelle, au même titre qu'un besoin naturel humain, et sur sa nature profonde et véritable qui trouve son origine dans la vérité de la personnalité de l'être. Le désir profond est une valeur de vérité incontestable de l'âme qui guide vers son accomplissement, notamment à travers la passion.


Le désir futile est sans vérité.

Futile ne veut pas dire court et léger.

Il veut dire sans sens.

Ici je qualifie le désir futile d'être "sans vérité et sans sens". "Sans vérité" lui confère de surcroît la caractéristique d'être totalement faux, je vais donc plus loin que la définition classique de "futile" qui désigne quelque chose de superficiel et insignifiant. Ici je fais directement allusion à l'ego, puisqu'il est sans vérité. J'ai a nouveau choisi l'affirmation directe de quelque chose qui n'est pas conventionnel, pour attirer l'attention, interpeller et faire réfléchir. Et à l'inverse du paragraphe précédent, je réduis volontairement le désir futile, je le dévalorise car il n'est pas légitime selon ma vision.

"Sans sens" traduit une absence d'essentiel, car sans vérité rien n'a de sens. C'est intimement lié.

Je termine avec la notion de "court et léger" introduite dans mon texte, elle fait référence à la notion de plaisir étroitement lié au désir. Le désir futile va être interprété par la plupart comme un plaisir léger (hors d'une relation d'engagement profond) tel que celui de faire l'amour avec une femme, presque inconnue, parce qu'elle est belle ou qu'elle a un beau corps (n'oublions pas que le texte est associé à une photo de moi nu). La sexualité est un sujet intéressant pour parler de plaisir. Donc je précise là simplement que je ne mets pas la sexualité légère d'une relation passagère sans engagement sérieux dans la catégorie futilité, du moins pas seulement. Puisque comme tout acte, comportement, pensée, il peut s'agir d'un désir profond ou futile. Et "court" pour étendre cette idée plus largement, hors du champs sexuel, comme par exemple le plaisir éphémère de manger un carreau de chocolat.

A ce stade je définis très vaguement et mystérieusement ce qu'est et n'est pas le désir futile et cela se veut intriguant.


Tout cela peut paraître très contradictoire et contrasté pour les lecteurs, car je fais du désir un besoin humain fondamental là où la plupart vont voir une envie sexuelle ou une envie de s'acheter quelque chose pour se faire plaisir (exemples simplifiés). Quand je dis "la plupart", je parle des personnes qui ne philosophent pas ou très peu et cela n'est absolument pas réducteur envers eux, si ça l'était je ne me préoccuperais pas d'essayer de leur passer des messages. Comme j'expliquais j'ai le souhait de réveiller ou éveiller les consciences ce qui impacte plus ou moins ma manière d'écrire (choix des mots, formulations, style etc). Ce contraste que j'utilise comme un outil est totalement voulu. Ils pourront revendiquer en eux le fait que leur désir de simple plaisir est légitime, qu'il n'y a rien de mal à se faire plaisir, mais là n'est pas le propos et je m'en sers de levier. Je développe.


III. Désir futile


~ Définition


Le désir futile est donc faux dans la mesure où il émane de l'ego. Les désirs de l'égo ne sont pas les nôtres, ils ne nous appartiennent pas, ils sont illusoires, ils ne sont pas voulus par notre véritable personnalité donc ils ne sont pas légitimes à exister (toujours par rapport à la valeur absolue de vérité selon ma vision). Cette notion est délicate à cerner, à appréhender, et à accepter car ces illusions, ces faux désirs ne sont pas les nôtres mais ils sont pourtant bien présents en nous, dans nos pensées. C'est pour ça que nous y croyons tant et c'est le cas parce que nous le permettons à notre ego, inconsciemment. Donc tout cela n'implique que nous, nous sommes entièrement responsables. Les personnes ont du mal a accepter cela parce que, non conscientes, elles se sont identifiées à leur ego depuis parfois très longtemps. C'est un défi de taille de l'être humain, si ce n'est le plus grand de sa vie, détruire en partie une fausse identité qui le rassure pour accueillir et/ou développer la vraie. C'est un chamboulement intense en émotions mais indispensable et salvateur en quelques sorte. C'est un séisme intérieur mais qui se fait progressivement bien sur, la conscience ne veut pas traumatiser, elle veut réveiller pour révéler l'être dans toute sa vérité, toute sa beauté.


~ Caractéristiques fonctionnelles


1. Plaisir illusoire


Le plaisir a selon moi une valeur aussi fondamentale que le désir profond, à la différence que sans désir profond le plaisir ne peut exister véritablement, il est illusoire. Donc le plaisir n'est pas une nature profonde mais plutôt la conséquence inhérente d'une nature profonde de l'être humain qui est le désir profond (désolé pour les répétitions mais c'est par souci de clarté et de précision). Le plaisir n'est pas futile de nature, mais il peut le devenir s'il est la conséquence d'un désir futile. Attention au jugement de valeur à propos des caractéristiques d'un plaisir qui pourrait laisser penser que tel ou tel plaisir est futile, qu'il nous concerne ou pas (auto-jugement et jugement). Par exemple, juger que se vernir les ongles est un plaisir futile est une erreur car c'est un jugement de valeur qui vient de vos croyances. Rien ne permet de juger la vérité d'autrui. A l'instar que rien ne permet de juger la valeur de la vérité d'autrui, donc ses actes, ses pensées. Dans le cas d'une forte proximité avec une personne cela donne la possibilité de discerner son rapport à son ego et à sa vérité et donc l'opportunité de l'éclairer (avec diplomatie c'est mieux) sans la juger. Bien évidemment, lorsque les actes ou les pensées sont extrêmes et qu'ils portent atteinte à la vie, il s'agit de protéger la valeur de la vie puisque dans ce cas nous atteignons, comme je l'ai évoqué, la pathologie.

Le plaisir est totalement inhérent aux désirs profonds mais le fait de vouloir se faire simplement plaisir n'est un argument légitime seulement s'il découle d'un désir profond. Le plaisir peut être engendré par les désirs futiles mais ça n'est qu'à courte durée, peu intense et illusoire. Et surtout cela peut avoir des conséquences plus ou moins néfastes, voir graves. Je remets donc en question la nature du plaisir, exactement de la même façon que la nature des désirs.

Désir profond = désir vrai provenant de la véritable personnalité = plaisir vrai engendrant l'épanouissement.

Désir futile = désir faux provenant de l'ego = plaisir illusoire engendrant des effets négatifs.

La sexualité dans une relation fausse est un bon sujet pour développer cette idée du plaisir à effet négatif. Les exemples peuvent être également très intéressant avec les sujets de l'alimentation, le mode de vie, la religion. Les effets négatifs peuvent être une baisse de l'estime de soi par exemple, ou la frustration, l'addiction, l'obsession. Des limitations d'esprit par de fausses croyances ou des croyances imposées qui au lieu d'instruire, développent des formes d'ignorance. Dans tous les cas c'est lié au fait que plus vous allez dans le mauvais sens, celui de l'ego, plus vous vous perdez, vous vous égarez, loin de qui vous êtes réellement. Vous êtes limité, soumis, vous subissez, vous ne parvenez pas à vous épanouir et dans le pire des cas des pathologies peuvent survenir.

Le plaisir dans la vie se perçoit en toutes choses, pas seulement dans les choses que l'on range dans la case plaisir et qui peuvent être, en plus, potentiellement illusoires.


2. Ego-centrisme, égoïsme, peur et déresponsabilisation

Si une personne s'identifie à son ego, elle ne cherchera pas à se remettre en question car l'ego ne se remet pas en question, il existe et fait ce qu'il doit faire, il n'a pas conscience de lui-même et de ses effets. De ce fait la personne cherchera souvent un responsable de ses malheurs parce qu'elle est incapable de se remettre en question.. mais c'est bien elle la responsable. Du moins c'est le fait de son inconscience, elle ignore l'existence de son propre ego ou de certains de ses aspects. Le fait d'être soi-même ou pas, le fait d'être conscient ou pas, rend responsables des malheurs et des bonheurs de nos vies et de la beauté et de la laideur du monde dans lequel nous vivons. Vivre en conscience change tout parce que nous devenons responsables et nous prenons toute la mesure de nos pensées, comportements et actes. Donc une personne qui se laisse dicter sa vie par son ego, a une forte tendance à se déresponsabiliser parce qu'elle ignore sa responsabilité dans les situations de sa vie. Elle aura même tendance à accuser autrui ou la vie, à se victimiser, ou se complaire dans une position de victime qui n'a pas le choix que de subir une situation de sa vie ou le sort de sa vie comme une sorte de fatalisme qui expliquerait tout. La plainte et l'apitoiement peuvent aussi être plus ou moins présents.

Lorsqu'une intention n'est pas véritable, issue de la vraie personnalité, l'ego à travers ses peurs pousse à agir dans l'unique intérêt individuel sans tenir compte de tout le reste, il est non compatissant car il veut exister, il veut survivre. J'évoque dans cette phrase deux des caractéristique principales de l'ego: la peur et l'égocentrisme. Son approche étant basée sur ce qu'il a enregistré du passé, l'inconnu du futur l'effraie. L'ego étant une fonction mentale au service de l'être dans lequel il est, il est de toute évidence axé sur ce même être donc si une personne se laisse dicter par lui, elle s'identifiera à lui et en sera de surcroît axée sur elle même pour exister et survivre (selon les croyances de son ego, qui sont devenues les siennes). Elle aura un comportement à tendance égocentrique, et égoïste, sans en être forcément consciente. Cette tendance, au-delà d'éloigner de la véritable personnalité, amène également à s'éloigner des valeurs opposées à l'égocentrisme et l'égoïsme qui sont, la compassion et l'altruisme entre autre. Autrement dit à s'éloigner de l'amour et perdre cette valeur ou l'occulter ponctuellement. A répétition la personne se détache de plus en plus de ces valeurs ce qui la rend littéralement matérialiste. J'appelle cela "s'éloigner de son coeur". Ce type de comportement est fortement ancré et induit par la société matérialiste et individuelle qui alimente l'ego car les deux fonctionnent de la même manière, sur les mêmes schémas. Ils s'alimentent l'un l'autre. Et deviennent des énergies négatives s'opposant à toutes les valeurs de l'amour ce qui engendre des déséquilibres, inégalités, des extrêmes, des excès, empêchant la paix et l'harmonie. La preuve est plus que tangible par l'observation et l'analyse du monde d'aujourd'hui. Tout désir futile est plus ou moins caractérisé par sa dimension égocentrique et égoïste, émanant de la nature même de l'ego de par ses fonctions mentales et sa peur de l'inconnu. Parce que je le répète l'ego n'a pas une nature bonne ou mauvaise, il existe et fait ce qu'il doit faire.

A l'inverse lorsque vous décidez d'être vous-même, votre vérité devient une énergie positive transmise aux gens qui vous entourent, ou que vous croisez qu'ils perçoivent consciemment ou qu'ils reçoivent inconsciemment, et cela leur permet d'être également libre d'être eux-mêmes. Ils ne le feront peut-être pas, mais en tout cas ils le peuvent.

La cohérence de chacun et de tous, surtout dans des situations de désordre extrême est une clé. Une cohérence qui se trouve dans la réalisation de désirs véritables individuels, dans le désir d'être conscient, de philosopher, d'être le vrai soi, de faire ce que l'on aime, d'aller là où guide l'intuition, de respecter la planète, les animaux, les humains, la vie.

Un cohérence qui petit à petit, fait s'installer la vérité de chacun, faisant ainsi émerger de la créativité, de la beauté, et de l'intelligence collective qui créera les idées futures pour solutionner les problèmes. Une cohérence qui implique l'abandon progressif d'une identité superficielle, vide de sens et de plaisir pour une identité véritable, riche et profonde.


~ Caractéristique contextuelle


3. Matérialisme


Le monde actuel est malheureusement une preuve tangible et indéniable de ce qu'engendrent les désirs futiles et leurs plaisirs illusoires. Nous sommes arrivés à un stade si extrême et incohérent de l'existence humaine qu'il en est totalement absurde et par conséquent il en devient d'autant plus évident d'en prendre conscience. Tout comme il est évident que nous sommes tous responsables de cette situation et par conséquent nous sommes les mêmes à pouvoir la solutionner.

Le matérialisme va à l'encontre des fondamentaux de la vie, il est totalement contre nature, autrement dit il oeuvre contre la vie alors que nous sommes des êtres de vie. (Oxymore invraisemblable.) Je vous ai déjà parlé de la notion de matérialisme dans le chapitre précédent mais je fais un petit rappel de sa définition philosophique conventionnelle: doctrine selon laquelle il n'existe pas d'autres substances que la matière, rejetant donc l'existence d'un principe spirituel. En d'autres termes, c'est le principe selon lequel les perceptions sont construites sur la seule et unique existence du monde physique occultant ainsi l'aspect psychique (voir paragraphe 2. canaux de perception // Exemple à travers le désir sexuel: perception psychique + physique du désir profond / Perception uniquement physique pour le désir futile). Cette doctrine est totalement infondée car par exemple l'existence de l'amour la rend illégitime.

Nous sommes des êtres conscients que nous sommes des êtres vivants capables de penser, nous avons créé des sociétés afin d'organiser la vie humaine, à travers notamment, la politique, l'éducation, les systèmes de santé, la technologie, la science, les transports, l'industrie etc etc. Nous faisons partie d'un écosystème extrêmement riche, complet, intelligent, autonome et évolutif, qui apporte un ordre naturel à la vie sur la planète Terre. Mais malgré notre capacité de penser nous l'avons totalement déréglé et détruite partiellement, en nous mettant en danger nous-mêmes. Absolument personne n'est gagnant dans ce schéma, cherchez l'erreur: Le matérialisme et l'inconscience de ses conséquences. Tout cela pour mettre en évidence une flagrante incohérence humaine. qui provient de comportement répondant aux désirs de l'ego qui n'a aucune conscience puisque c'est une fonction mentale. S'identifier à lui c'est comme si vous étiez dans une voiture et que vous pensiez être la voiture. Malgré la faculté de l'être humain à penser, le monde d'aujourd'hui prouve qu'il n'a pas su utiliser correctement toutes ces aptitudes psychiques, telle que la conscience. Ceci ayant abouti à l'ignorance. L'ignorance de ses propres capacités humaines, du sens de l'existence, de la valeur de la vie. Et on peut constater comment l'ignorance, l'inconscience, la futilité amènent l'appauvrissement des esprits humains et la destruction.

Par exemple selon moi, les modèles de sociétés modernes basée sur le principe de matérialisme ont été enfantées par l'ego (collectif) qui est le détenteur du principe matérialiste. Beaucoup d'éléments constituants ces sociétés sont des conséquences logiques. Par exemple, l'argent, une des créations du principe matérialiste, a alimenté l'approche matérialiste et individuelle de la vie, créant ainsi beaucoup d'avidité, d'inégalité etc. Mais ce n'est pas l'argent qui est problématique c'est son sens, sa valeur, sa perception, son utilisation, qu'il faut mettre en cause. Je vais un peu pousser le développement même si ce n'est pas le sujet, parce que c'est très important.

En effet, ce n'est pas un changement matériel qui amorce un changement véritable, c'est l'inverse, c'est un changement psychique, spiritualiste qui amorce un changement matériel dans le monde physique pour accomplir le désir véritable. Le changement est d'abord invisible avant d'être visible. Il est d'abord individuel avant d'être collectif. Pour rectifier les choses, les dérives de ce monde, il faut rétablir la vérité en agissant là où tout trouve son origine, à la source initiale du problème: l'ego. Il faut donc détruire ce qui est faux. Cette fausseté, créatrice d'incohérence, a été instaurée par l'ego qui a pour moteur une peur illusoire provoquant une intention de survie face à un danger illusoire au détriment de tout, même de la vie qui pourtant conditionne la vie. Comme une maladie auto-immune où le système immunitaire s'attaque à son propre système organique de vie. Pour reprendre mon exemple, tout cela ne signifie pas de détruire l'argent, mais de faire disparaître la valeur qui lui a été accordé, c'est sa perception qui doit changer. Cette destruction peut sembler difficile, abstraite, impossible et pourtant il s'agit de détruire une illusion, un fausse pensée, un faux monde. Un faux monde dans lequel les humains vivent depuis fort longtemps. Concrètement cela supposerait donc que le principe matérialiste mute vers son opposé: un principe spiritualiste et ce, grâce à chaque individu. Chaque individu, à travers des pensées, comportements, décisions, actes, basés sur le principe spiritualiste et non matérialiste, participerait à cette mutation du monde. D'autant plus qu'il exploiterait tout le potentiel de sa véritable personnalité. Les mutations individuelles, entraînent des mutations familiales, puis amicales, puis collectives, puis politique etc. Le 1er frein au changement vient de ceux qui n'y croient pas et qui n'agissent pas. Ceux là même qui ne font qu'accuser, et se plaindre, et déprimer aussi ou alors ignorer totalement par peur ("faire l'autruche"). Cette énergie alimente la même énergie négative destructrice matérialiste, de ce fait ils y participent inconsciemment alors qu'ils ne le souhaitent pas en réalité. Il "suffirait" d'être soi-même pour agir et participer au changement.

Le principe matérialiste niant la valeur spiritualiste et donc de la compassion, de l'intuition, du respect, de l'amour, amène à la dérive extrême de la surconsommation. La surconsommation de tout ce qui peut l'être et qui entraîne une insatisfaction permanente puisque les désirs futiles ne peuvent satisfaire l'âme, engendrant ainsi une éternelle insatisfaction, et donc une éternelle surconsommation d'un monde vivant. Un monde vivant qui répond à des lois naturelles et pas à un système matérialiste, qui va précisément dans son sens opposé. La surconsommation se réalise, entre autre et principalement, par le moyen de l'argent. Si l'argent n'est plus utilisé dans un cadre de surconsommation, et qu'il n'alimente plus le système matérialiste destructeur alors il n'a plus la même valeur philosophique, il devient un moyen de construire un autre monde. Le changement n'est pas visible sur le moyen physique qui est l'argent mais sur sa valeur philosophique qui est dans l'esprit. Ce changement de perception se traduira ensuite sur le comportement et les actes en étant conscient du circuit d'énergie dans lequel vous choisissez de vous investir par le moyen de votre argent. Ces comportements et ces actes changeront de cap, ils alimenteront l'énergie positive d'un changement et ils répondront à la véritable personnalité et à sa valeur de vérité. L'argent n'est qu'un moyen, il n'est ni mauvais ni bon. Il sert le système matérialiste parce que les esprits humains le permettent, mais lorsque les esprits humains ne le permettront plus alors l'argent deviendra un moyen de servir le système spiritualiste d'un nouveau monde. Cela peut sembler anodin à l'échelle d'un individu mais c'est bel et bien ce qui changera le monde. L'immensité de l'infiniment petit.

Il est très intéressant de faire le parallèle entre les limites du monde physique mises en exergue à travers les effets pervers et les conséquences destructrices d'un principe matérialiste et les capacités illimitées du monde psychique à travers les effets bénéfiques et conséquences créatrices d'un principe spiritualiste.

En tout état de cause, la futilité des désirs de l'ego peut avoir de très lourdes conséquences: la destruction des personnalités individuelles et la destruction de valeurs fondamentales, pouvant entraîner la destruction de la vie. A l'inverse la conscience, la réalisation de désir véritable, entraîne le changement positif et l'enrichissement, la création et l'abondance de la vie.


~ Exemples de dérive matérialiste

4. Pornographie


Le sujet de la pornographie, que j'ai brièvement évoqué dans le chapitre II, est un sujet central quant au désir. D'une part parce qu'il joue un rôle non négligeable dans la perception collective de la sexualité et ses pratiques, ce qui a un impact direct sur la perception du désir, valeur philosophique fondamentale. D'autre part parce que c'est un sujet de société, un fait social de grande ampleur, à travers la consommation significative dont elle fait l'objet et donc la notion de responsabilité éthique/philosophique des deux parties (production et consommation).

La pornographie est elle aussi une caractéristique contextuelle du désir et comme l'argent elle n'est ni bonne ni mauvaise, c'est un moyen qui peut être mis au service d'un système spiritualiste et non matérialiste. Mon sujet est la pornographie matérialiste donc.

Le contexte dans lequel la pornographie a évolué a toute son importance comme je disais, à savoir: la société patriarcale, le système de surconsommation des approches matérialistes et les moyens de diffusion via la nouvelle technologie (internet). Je précise que mon analyse est basée sur la cyberpornographie qui s'est développée depuis internet au début des années 1990.

Le patriarcat est l'inventeur donc d'une pornographie patriarcale, puisque les sociétés de production sont dirigées pour la grande majorité par des hommes qui commercialisent des films pornographiques pour les hommes. Il s'agit là d'une première problématique sexiste, visant à exclure la cible féminine. Les visuels représentent donc essentiellement la domination masculine et la soumission féminine. Ce fait n'est pas un problème en soi, ce qui l'est c'est qu'il s'agisse de la seule représentation sexuelle, ce qui a un impact psychologique et sociologique car cela fait de cette perception une valeur de vérité universelle, ce qui est faux (chapitre 3 "valeur de vérité"). Cette perception de la sexualité va jouer sur l'aspect conscient et inconscient des consommateurs. Comme notamment la sexualisation de la nudité, l'objectivation de la femme et la supériorité de l'homme sur la femme, entraînant de fausses perceptions et des problèmes de rapport entre les hommes et les femmes.

L'objectif d'un film pornographique est de provoquer l'excitation sexuelle et sa finalité est la masturbation et l'orgasme pour gagner de l'argent en échange. Voici un autre exemple d'approche matérialiste. Il s'agit donc de l'objectif de faire du fantasme, du désir, du sexe, un business et là n'est pas le problème en soi, ce qui l'est c'est l'intention qui régie cet objectif. Cette intention si elle est induite par la valeur matérialiste (de l'ego) elle va à l'encontre des valeurs spiritualistes, de respect, de vérité , d'éthique. La pornographie comme tout autre sujet est quelque chose qui peut être éthique ou non en fonction de l'intention car c'est elle qui va régir la réalisation de l'objectif. Concrètement il s'agit de la manière de faire, de tous les choix déterminants pour la réalisation de l'objectif. Son scénario, son style, son esthétique, sa musique, ses acteurs, ses textes, présentation, contenu, titrages etc... (film ou site web). Il suffit de regarder simplement les titres pour comprendre qu'il y a un problème philosophique, de perception, d'esthétique et d'éthique. La pornographie a d'emblée pris un mauvais départ ce qui fera d'elle un sujet tabou, controversé et la dévalorisera par rapport à l'industrie du cinéma classique et auprès de l'opinion publique (notamment des femmes). Et cette dévalorisation atteindra la valeur des acteurs et des actrices. Quand une intention de départ va à l'encontre de la valeur spiritualiste cela crée toujours de l'incohérence et diverses conséquences et une réaction en chaîne logique de faits sociaux. Parce que nous sommes des êtres vivants et nous ne sommes pas faits pour être régis par des règles matérialistes prédominantes.


A l'instar du film porno, le fantasme répond aussi à cet objectif d'excitation sexuelle pour répondre à un désir véritable de jouir pour honorer son corps par le plaisir à travers des représentations imaginaires. Si les choses avait été faites dans une approche spiritualiste, la diversité aurait été représenté ainsi que les valeurs humaines fondamentales du désir et de l'amour.

Petite parenthèse: c'est ce que font les quelques femmes productrices émergentes dans le milieu, leur but est de représenter la diversité, le respect (donc l'amour) et la dimension psychique à travers des scénarios mettant en scène le désir. Des productions qui d'ailleurs s'adressent à tout le monde, et qui sont appréciés autant par les hommes que les femmes.

L'arrivée de la pornographie et de la technologie audiovisuelle a marqué un grand changement sociologique, et son évolution, de profondes transformations psychologiques et psychiques.

Sur le plan philosophique: Le réalisme du porno apporte une dimension donc matérielle, très "réelle" au fantasme qui par nature relève de l'imaginaire, immatériel. Le porno a voulu matérialiser le fantasme, l'imaginaire sexuel. Là n'est pas forcément le problème, ce qui l'est c'est la dérive possible d'une substitution, d'un remplacement d'une valeur psychique par une valeur matérialiste, et de cette façon la destruction du fantasme véritable et l'endormissement de l'imaginaire. Ce qui s'apparente à une dénaturation de l'être humain. Je parle du fantasme qui trouve sa source dans le désir véritable de jouir issu de notre véritable personnalité. Jouir est naturel, on peut le désirer ou pas, mais quoi qu'il en soit ce désir n'est pas sensé nous appauvrir et nous dénaturer. Cela ne veut pas dire que visionner de la pornographie est néfaste, ce qui l'est c'est d'oublier son imaginaire et de surcroît ses véritables fantasmes/désirs et donc s'éloigner de sa véritable personnalité. Parce que, dans la masturbation, si le plaisir de jouir ne répond pas aux véritables fantasmes alors il répond à celui de quelqu'un qui n'est pas vous. Dans l'absolu et selon l'intention, il répond d'ailleurs au désir futile d'une société de production ou tout autre entité de vous amener à jouir pour leurs intérêts. Où est donc le sens? Jouir sans vérité c'est jouir sans intensité, et c'est applicable à tout dans la vie (chapitre Plaisir). L'absence de vérité créé un plaisir illusoire qui n'a pas de réelle saveur même si on y croit.

Chaque fantasme se caractérise par sa singularité, c'est un monde intime important qu'il s'agit d'entretenir pour ne pas perdre une partie de sa liberté, de sa personnalité, et de son identité. De plus tout cela appauvrit la créativité sexuelle avec un partenaire.

Par ailleurs, cette habitude de consommation systématique de cyberpornographie créé de "faux fantasmes", certains visuels s'impriment et viennent alimenter le monde intime et imaginaire du fantasme qui perd son libre arbitre de façon inconsciente, jusqu'à ne plus le solliciter (destruction du fantasme) et aller directement au visionnage de film.

Et enfin si l'addiction se met en place, elle finit par prendre le contrôle des désirs. Vous n'êtes plus maîtres de vos désirs véritables, de leur fréquence, de leur matérialisation, de leur intensité. Tout est faux, même si vous ressentez du plaisir à jouir.

Selon moi, l'industrie pornographique matérialiste pervertie et contrôle une partie des esprits des consommateurs, celle de l'imaginaire intime et unique du fantasme sexuel individuel.

La consommation excessive, périodique ou permanente, peut entraîner des mutations de perception mais aussi psychologiques et physiologiques.

La facilité d'accès et la profusion de vidéos laisse un choix de taille au consommateur qui va en quelque sorte subir ce qu'il voit, en surfant et se laissant aller à sa curiosité et ses envies ou pas. "Ou pas" parce que finalement il ne s'agit plus d'être guidé par ses fantasmes mais par des représentations issues d'autrui. C'est ainsi que le fantasme véritable peut disparaître. Nous sortons donc du champ du fantasme et nous passons littéralement à une relation sexuelle mécanique avec la virtualité répondant à une forme d'addiction: celui de jouir en consommant du porno. Cela ne signifie pas que la sexualité virtuelle est néfaste, ce qui l'est c'est le caractère systématique et excessif d'une consommation entraînant l'addiction et les conséquences qui y sont liées. Là en l'occurence c'est la substitution, le remplacement, ou la destruction du fantasme véritable (issu de l'imaginaire unique de chacun) et de la sexualité intime avec soi même.

La pornographie peut donc détruire les fantasmes véritables, vecteur de créativité et de liberté tout en devenant une forme de sexualité à part entière. Vient-elle réellement répondre au désir véritable d'honorer son corps avec amour et respect ou vient-elle combler, compenser, et répondre à un faux désir contrôlé par une industrie matérialiste ou dérivée? Car comme je l'ai évoqué, le sexe sans amour ou respect n'est ni véritable, ni éthique. Or la majorité des productions pornographiques ne sont axées que sur une approche matérialiste. Ce qui signifie que parmi les consommateurs certains ne sont pas satisfaits de l'offre proposée et en consomment peu ou alors ils cherchent des pornos alternatifs et d'autres se contentent de l'offre, sans vraiment réfléchir et se laisse pervertir.

En devenant une forme de sexualité à part entière, cette consommation de pornographie peut créer de la confusion entre le virtuel et le réel. Entre ce que vous aimez / aimeriez réellement faire avec votre partenaire et ce que le porno vous incite à faire ou avoir envie de faire. L'incidence sur la perception passe par la croyance à ces faux fantasmes comme s'ils appartenaient réellement à la personnalité. Jusqu'à parfois aimer des visuels non éthiques et dégradant au sens de la personnalité véritable et des valeurs de la vie. Cela peut créer une confusion psychique, entraînant divers sentiments contradictoires au plaisir comme la honte, la culpabilité, la perversion, la frustration, la baisse d'estime de soi, l'insatisfaction, le stress, le dégoût. C'est une perversion non seulement de ses véritables fantasmes mais aussi possiblement de son éthique personnelle, parfois inconsciemment.

Je prends un exemple assez répandu, l'attrait de certains pour les rubriques "teenagers" sans aucune réflexion, ni culpabilité car ils ne s'estiment pas responsables d'une part de la légitimité du contenu et donc d'approche éthique et d'autre part se déculpabilisent en se disant que c'est un titre fantasmatique irréel (car les actrices ont forcément plus de 18 ans). Outre le fait que l'approche n'est pas éthique à travers le titrage, le consommateur est responsable et valide l'approche non éthique, en consommant. Mais l'ego ne se remet pas en question et se déresponsabilise. Dans ce cas et dans un contexte d'addiction, à force de voir toutes sortes de visuels non éthiques il se crée une forme de désensibilisation, comme tout est virtuel plus rien n'a d'importance, rien ne "choque" et toutes les dérives sont permises. Ce qui n'est pas éthique et porte atteinte aux valeurs fondamentales de la vie devient normal ou sans gravité. Cela se constate de manière flagrante dans le monde, beaucoup d'hommes n'ont aucun scrupule a harceler des mineures par exemple. Ou tout simplement dans les rues, l'obsession sexuelle des hommes envers les femmes ne cessent de grandir via les harcèlements, agressions et viols. Ceci dit, le marché de la pornographie est en mutation, l'amateurisme y a pris place et les femmes s'émancipent, se libèrent, s'affirment et créent. Et bien sûr je ne dis pas que la pornographie est uniquement ou principalement responsable de la situation sociale des rapports entre hommes et femmes mais je soutiens qu'il y contribue.

Ce qui reste fondamental c'est toujours le même dénominateur commun: la valeur. En tant que consommateur on ne doit pas occulter son éthique et sa vérité car c'est ce qui dérègle et crée des faits sociaux.


~ Conclusion


L'ego, pendant qu'il conduit vers la futilité il détourne du vrai, du fondamental, des véritables besoins. Et c'est ainsi qu'il devient dévastateur à différents degrés. Cela amène potentiellement à ne jamais se rencontrer soi même, ne jamais découvrir et développer sa véritable personnalité et donc passer à coté de sa vie.

Et dans le meilleur des cas, de façon naturelle, l'ego joue son rôle, il n'excède pas ses fonctions puisqu'il est connu de la conscience.

Ce processus est totalement aléatoire en fonction des personnes, et de l'ego qu'elles ont développé. Un mélange de la véritable personnalité et celle construite par l'ego engendrera des comportements, choix, décisions plus ou moins vrais, et cohérents ce qui déterminera le chemin de vie.


Le désir est sensé, et intense.

Il enrichit.

La futilité appauvrit.

Là je donne ma vision de ce qu'est le désir, sous-entendu "profond". Ici j'utilise la valeur par omission, c'est a dire qu'en ne précisant pas la catégorie du désir ici, qui, on le devine s'oppose à la catégorie "futile", je lui octroie l'attribut d'être la définition légitime.

"Sensé et intense" s'opposent aux termes précédemment utilisés pour définir le désir futile. "Sensé" pour deux raisons: la cohérence, le bon sens, qui est visible dans le comportement des personnes cheminant vers la vérité, qui incarnent leurs désirs profonds, mais aussi dans le sens spirituel du mot. J'entends par là que le désir profond visant à s'épanouir, s'accomplir, est rempli de sens pour l'existence. Il est existentiel.

"Intense" parce que l'intensité d'un véritable plaisir découlant d'un désir profond, réside dans la vérité de l'âme. Cette vérité d'âme est animée par l'amour. Et l'intensité réside dans l'amour. Le plaisir n'aura jamais la même saveur, la même intensité s'il est la conséquence de la réalisation d'un désir profond.

Après le contraste je continue sur, vous l'aurez remarqué, une syntaxe globale reposant sur la dualité, et l'opposition, en utilisant des antonymes.

"Il enrichit", vous prenez à présent toute la mesure de cette affirmation.

Le désir (profond) est l'intention de notre âme, de qui nous sommes.

Quelque soit les caractéristiques de ce désir, sa matérialisation (ce qu'il devient en passant de la pensée à la réalisation dans le monde physique), son apparente singularité quand bien même le plaisir qui en découle peut vous sembler étrange, immorale ou futile (qu'il vous concerne ou pas), il n'en est pas moins une valeur de vérité totalement légitime.


IV. Conscience et inconscience


Et enfin je finis avec une vision spirituelle très personnelle qui va probablement répondre à une de vos interrogations notamment concernant l'exemple du vernis à ongles que je vais réutiliser ici.

Vous pourriez me rétorquez:

1/ Comment ne pas juger le désir de se vernir les ongles comme un désir futile?

2/ En quoi peut-il développer la connaissance de soi, la personnalité et dans l'absolu l'épanouissement?".


~ Conscience (r)éveillée


Parmi les êtres humains, il y a ceux qui ont une conscience réveillée, qui se situe à un certain niveau selon son stade d'évolution (conscience naissante, en éveil ou élevée mais toujours en développement), ils ont donc plus ou moins développé leurs vraies personnalités et ils continuent de le faire (toute la vie). Selon ce niveau, ces personnes incarnent pleinement les traits connus de leur vraies personnalités. Ce qui signifie que tout ce qu'ils font, disent ou pensent en partie ou pleinement en fonction de leur niveau de conscience, ne sont plus des désirs profonds mais l'incarnation de qui ils sont, de leur personnalité profonde. C'est ce qu'on appelle plus communément l'accomplissement de soi. Ils sont des âmes qui expriment leurs personnalités, à travers tous les détails de leur vie, les grands actes comme les petits. C'est pour cela que le jugement est inutile est illégitime. Les perceptions de chacun sont à construire avec la plus grande attention, autant pour soi même que pour les autres.

Il est 16h03, le 13/05/2020, à cet instant il y a plusieurs personnes dans le monde qui se vernissent les ongles simultanément. Parmi elles toutes ont différents niveaux de conscience. L'une tente de se faire belle pour plaire à son compagnon car il lui montre peu d'attention, il ne remarquera pas et elle finira par se rendre compte que son énergie était mal utilisée et qu'en réalité son désir profond était de laisser ses ongles au naturel pour se plaire à elle même avant tout et elle ressentira l'envie de régler son problème de couple d'une manière plus directe et honnête. L'autre est un homme qui se prépare pour un spectacle drag-queen, il est passionné et même si cela a été difficile à faire accepter par sa famille au début, à présent tout le monde a compris que cela était dans sa nature, ce n'était ni de la folie, ni un délire extravagant, c'était vraiment lui. Il rayonnait littéralement sur scène. Ici le vernissage d'ongles découle d'un désir profond d'incarner sa personnalité, sa vérité. C'est un détail mais il n'est pas futile dans la mesure où il incarne sa véritable personnalité.


~ Conscience endormie


Et il y a ceux qui ont une conscience endormie, peu active ou limitée qui vont, soit se réveiller à un moment donné, soit pas.

Leurs comportements peuvent être tout à fait sains, sans pour autant correspondre à leurs véritables personnalités, mais ça n'empêche qu'ils ne développeront donc pas toute leur potentialité, quand bien même leurs vies puissent être douces et agréables dans l'ensemble. Ce profil peut connaitre comme écueil, le déni plus ou moins conscient entraînant des regrets, des blocages émotionnels et sensation d'incomplétude.

Pour d'autres, les comportements peuvent être mitigés, durant des périodes plus ou moins difficiles à gérer dans leur vie à cause d'un mal-être récurrent ou permanent dû à une dominance de l'ego et donc de la peur, avec parfois des conséquences psychiques complexes à remédier (dépression entre autres). Ceci étant, certains peuvent mener une vie conforme à la société, comme avoir un travail, une famille etc. Ce profil aura comme écueil entre autres, la frustration, entraînant notamment des problèmes relationnels, une instabilité émotionnelle et une souffrance psychique. Celle de ne pas parvenir à s'épanouir. Je dresse des profils grossièrement pour être plus explicite mais c'est évidemment beaucoup plus subtile.

Dans ces deux cas, la conscience n'est pas forcément complètement absente, parfois même les sujets sont conscients de leurs problèmes en surface, mais il est difficile et long de "se guérir", d'autant plus qu'en général le corps tombe malade. L'ego plonge dans un cercle vicieux au lieu du cercle vertueux que l'âme désire car c'est sa raison d'être.

Le seuil critique, l'extrême étant la destruction intérieure et/ou extérieure. Dans tous les cas, la peur est une conséquence de la dominance de l'ego (comme le plaisir l'est pour le désir) et elle devient une cause de mal être et/ou de destruction tout en pouvant demeurer inconsciente par le sujet. Il convient de différencier la peur issue de l'ego qui est néfaste pour l'être humain (stress, angoisse, incohérence et donc frein au soi et au bonheur) et la peur "naturelle" déclenchée par l'instinct de survie qui elle est bénéfique (survie). Lorsque le psychique se voit transformé, dénaturé par une dominance de l'ego à plus ou moins long terme et qu'il laisse activé en permanence le mode survie entraînant un stress constant abîmant l'organisme, ce n'est pas naturel de subir tant de stress et le corps peut s'affaiblir et tomber malade.

La dominance de l'ego porte donc atteinte au physique et au psychique, à soi et aux autres.

D'où l'importance de la présence de la philosophie très tôt dans la vie.


V. Fonction spirituelle de l'ego


A noter que: tout ce que je propose ici en tant que ma vision personnelle est basée sur mes connaissances et recherches personnelles, mes réflexions profondes et intuitives, mes analyses de faits sociaux, psychologiques etc. De ce fait il est parfaitement légitime de douter de ma justesse d'analyse, de ma propre gestion d'ego, de la fiabilité des sources de mes recherches, de la finesse de mes réflexions etc. Je propose vous disposez.

Ce qui me fait en venir au dernier point, ce n'est pas parce que je dis que le désir futile est totalement faux et sans sens, qu'il est inutile et ce même si je pense que de façon disproportionné il appauvrit. Ce qui veut dire que je pense que l'éloignement de la vérité et l'incohérence, peuvent (re)mettre de l'ordre intérieur. Mais ce n'est bien sur pas toujours le cas, notamment lorsque le seuil critique est proche. Je ne sais d'ailleurs pas s'il existe une forme d'irréversibilité.

Donc je disais que l'ego (et donc les désirs futiles qui en découlent) n'est pas inutile malgré tout. L'ego est inhérent à l'existence, il fait partie de notre système nerveux central, exerçant ses fonctions mentales programmées par l'organisme. Ce faisant l'ego joue un rôle sinon il n'existerait pas. Oui car pour moi la vie et tout ce qui la définit est conçue de façon parfaite (c'est encore un autre long sujet). D'après moi, parallèlement à sa fonction mental dans notre cerveau, il a un rôle spirituel directement lié à la conscience. Il agit comme une sorte de levier permettant d'activer la conscience, de la déranger ou de l'interpeller. Il est comme une petite alarme interne, lorsque nous vivons en conscience avec lui alors il nous sert de critique sur nous-même et notre environnement, pour rétablir un équilibre intérieur par l'introspection et l'analyse. L'ego matérialise/créé l'incohérence dans les pensées (ex: jalousie, orgueil), et/ou dans les actes/comportements (ex: la jalousie peut faire crier sur son partenaire, l'orgueil peut faire rabaisser une personne etc). Il construit de fausses pensées basées sur ses interprétations, exactement là où vous (en tant qu'âme) vous construisez vos véritables pensées libres de toutes les interprétations de l'ego et répondant aux désirs profonds de votre véritable personnalité. Et c'est par ce processus de matérialisation d'incohérence de l'ego que la conscience capte un signal étranger, un problème à analyser et à résoudre.

Par conséquent, si l'ego joue un rôle alors les désirs futiles qui en découlent aussi.

Ils permettent, en dehors d'être un levier vers la conscience, d'apprendre par l'expérience et potentiellement par les erreurs. L'âme possède un corps afin d'expérimenter la vie. L'expérience de la vie ne doit pas être jugée bonne ou mauvaise, (courageuse ou pas, ennuyeuse ou pas etc) mais elle doit être vécue dans sa vérité, pour être pleinement enrichissante et épanouissante, et ce quelque soit les épreuves endurées. L'expérimentation des désirs futiles permet d'apprendre des leçons de vie qui ne sont que la suite logique du comportement humain plus ou moins induit par l'ego. A force d'évoluée en conscience, un questionnement intervient sur les incohérences engendrées par un comportement plus ou moins induit par l'ego, ce qui permet un cheminement progressif vers la connaissance de soi. A commencer par comprendre le fonctionnement de l'ego, identifier les traits de personnalité qu'il a créé pour en défaire petit à petit. De la sorte la personnalité se révèle et s'enrichit pour atteindre l'accomplissement de soi.

Finalement je parle à la fois d'illégitimité des désirs futiles et à la fois de leur utilité. Ils sont illégitimes de par leur nature, mais dans un contexte présent et définit du monde physique ils sont utiles au retour à la conscience, et notamment à la conscience collective. Selon moi, le seuil qui a fait atteindre le niveau d'inconscience extrême d'aujourd'hui est la croyance individuelle en laquelle la réalisation de ses petits désirs futiles personnels ne représentent presque rien à l'échelle mondiale et que ses répercussions sont infimes voir inexistantes. Cette croyance représente un abandon spirituel de soi et des autres, de vérité et d'amour, c'est un abandon de vie. C'est pour cela que penser qu'à nos petits niveaux nous ne pouvons rien changer est complètement faux et notre monde en est la preuve formelle. Si nous en sommes là c'est à cause de chacun de nous.

Ce que nous pensons être nos plus gros défauts sont créés par l'ego, ce sont les failles les plus ancrées, depuis l'enfance, et donc les plus difficiles à défaire. Sachant que la mémoire n'est pas parfaite, et que selon les épreuves endurées durant cette période de l'enfance, la mémoire peut avoir occulté volontairement par instinct de survie de la personnalité certains faits traumatisants (dépersonnalisation), ainsi certaines personnes se voient manquer d'éléments pour tout comprendre de leur psychologie mais cela n'empêche pas de parvenir à atteindre sa véritable personnalité car s'il y bien quelque chose qui soit très efficace contre la dominance de l'ego c'est d'être soi même au moment présent.

Nous sommes nés pour ETRE.


Merci de m'avoir lu jusqu'ici!

N'hésitez pas à me faire un retour par mail pour me donner votre avis et/ou si vous avez des questions ou des suggestions.

Je sais que cet article comporte des fautes, je le relirai et apporterai des corrections au fil du temps.


Eliya


198 vues

ELIYA Ca  |  Modèle Artiste auteure  |  eliya.ca.pro@gmail.comFormulaire de contact

Mentions légales - CGV 

  • Black Facebook Icon
  • Black Instagram Icon